Nous vous avons mis en lien le petit lexique piquant voté par les élus du conseil départemental en séance le matin du lundi 13 avril qui résume bien le désengagement de l’état envers l’éducation nationale et la fonction publique en général.
La préfète a montré une collaboration étroite avec la Directrice Académique, parlant de départements plus encore à plaindre que le nôtre et nous relatant ses souvenirs d’enfance nostalgiques dans des classes à multi-niveaux, il y a 40 ans. Elle a répondu à des remarques sur les IPS pas assez bas, mais la FSU SNUipp rappelle que les zones rurales ne bénéficient pas des mêmes accès aux ESMS, soins et aides que les départements plus urbains.
La FSU SNUipp a quitté la séance après les déclarations (ainsi que la FCPE, les élues du département, la CGT et la CFDT). Nous savons que ces instances ne sont que des rationalisations a posteriori de décisions sur lesquelles peu de leviers existent. On va continuer de nous dire qu’il fallait fermer plus pour créer des postes de remplaçants, alors que le moral des collègues face aux élèves s’effondre et que les conditions d’exercice de notre métier ne sont parfois plus supportables.
En regard des conditions de travail des collègues, face à un public de plus en plus « compliqué », plus que jamais la solution serait le « Plus de Maîtres Que de Classes » un des mandats forts de la FSU SNUipp mais également la déconnexion de la durée du travail avec la durée de la classe : travailler 18 h par semaine, en déconnectant le temps de classe et de travail, encore un mandat historique de la FSU SNUipp !
Si la DASEN est revenue sur une mesure (Pradines J. Moulin, en sursis) c’est clairement suite à la mobilisation et le rapport de force engagé par les parents, les élu.e.s et la majorité des organisations syndicales. Il n’y a jamais de progrès sans rapport de force !
La fin de la séance a dû se terminer avec 5 votants, quelle légitimité ce vote a-t-il ?
Pour un syndicalisme de lutte :
Des personnes donnent de leur temps et de leur énergie partout dans le Lot pour s’opposer fermement à toutes les fermetures, sans aucune forme de préférence ni de tri selon les écoles ou les personnes. La lutte ne peut être que collective.
C’est pourquoi nous disons merci aux personnes qui ont affirmé leur opposition ferme et sans concession aux fermetures, pendant pas moins de 6 semaines !
Des chiffres et des luttes :
Fermer des postes , même quand il s’agit d’en transformer en poste de remplaçant, ne fait pas changer le taux d’encadrement moyen de professeur par élève !
Il nous semble donc fondamental de rappeler ici un chiffre objectivé et incontestable, tiré des dernières comparaisons de l’OCDE :
Le ratio nombre d’élèves par professeur dans le primaire public est de 18 en moyenne en France, contre 14 en moyenne dans l’OCDE. (Ici le nombre total d’enseignants prend par exemple en compte les remplaçants !). Sur les presque 40 pays membres, seuls 3 pays font pire que la France au sein de l’OCDE : Mexique, Colombie et Royaume-Uni.
Voir le rapport de l’OCDE, graphique D2.2, page 414
« Cet indicateur fournit des informations sur le niveau des ressources pédagogiques disponibles dans un pays par rapport à sa population d’élèves et sert d’indicateur pivot reflétant les ressources humaines allouées, directement ou indirectement, à l’éducation des enfants ».
Sans compter que la plupart des fermetures sont fermes et définitives, elles n’impliquent pas de « transformation en poste de remplaçant ».
Ça suffit de dire qu’en comparaison avec (blablabla), nous serions avantagés. Ou que la baisse démographique justifierait les fermetures et qu’il faudrait les « accompagner » de façon adaptée: NON, nous sommes les pires ! Pour preuve, le remplacement n’est absolument plus assuré. Tout le monde le sait !
Et pour chaque poste fermé pour le « transformer » en poste de remplaçant, cela augmente très significativement le nombre d’élèves par classe, dépassant alors la moyenne des pays de l’OCDE, nous la 7ème puissance mondiale !
Ce n’est pas parce qu’il y a plus miséreux chez le voisin qu’il faut se satisfaire de la misère… Nous ne prendrons donc pas comme base de comparaison les 3 derniers pays de l’OCDE ! Les professeur·es sont à bout, elles et ils craquent. Il nous faut recruter massivement !
Par conséquent, s’opposer à toutes les fermetures relève pour nous du sens commun. Pour toutes les professeures et tous les professeurs qui attendent de nous que nous les défendions sans distinction. Plusieur·es paient même pour cela ! Cela s’appelle la cotisation…
CDEN: mobilisé·es jusqu’au bout ! Moratoire restauratif d’urgence sur la carte scolaire dans le Lot
Tout le week-end, nous avons travaillé sur une demande de moratoire restauratif d’urgence sur la carte scolaire dans le Lot. Ce document, nous l’avons écrit d’après les statistiques officielles et envoyé par mail à la boucle de parents, élu·es et syndicats mobilisés contre les fermetures de classes. L’existence de cette boucle mail faisait suite à la visio que nous avions organisée pour mettre en réseaux un maximum de personnes en lutte contre les fermetures de classes dans le Lot.
Ce lundi matin à 9h, nous nous sommes rendus au conseil départemental, avec des parents, pour assister à la séance publique. Nous avions en effet été informé·es qu’une motion spéciale serait votée, pour s’opposer aux fermetures de classes dans le Lot. Nous sommes venu·es pour soutenir cette initiative, pour assister au débat et au vote. Mais aussi pour présenter notre moratoire et demander leur signature aux élu·es. Nous souhaitions rappeler -par notre présence- au nom des parents et des personnels de toutes les écoles,
les attentes et exigences très fortes que nous avons envers nos élu·es: celles de porter haut et fort leur opposition ferme à toutes les fermetures de classes. Bref, représenter la profession et la population.
Résultat : la motion a été adoptée à l’unanimité par l’assemblée départementale. De notre côté, nous avons obtenu la signature de nombreux élu·es du département, maires, conseillers municipaux , parents d’élèves et syndicats du département.